Pierre De Loor une rencontre intimiste et poétique avec son public

 
 

photos de Caroline De Loor

 

Michel : Quelles sont tes impressions après ce premier concert solo à Brendaouez?

Pierre : J’ai trouvé ça très positif. J’ai  l’impression que les gens ont bien aimé, moi j’ai apprécié le contact et les réactions du public. Ce n’est pas vraiment un échange car je parle et je chante alors que lui écoute et répond de façon plus subtile, par sa présence, mais j’ai l’impression qu’il y avait quelque chose qui passait.  Plusieurs personnes m’ont parlé de mes  textes et pour moi c’est important, c’est ce qui fait la différence dans mon approche par rapport à d’autres artistes. Je ne suis pas un grand virtuose de la musique. Ce n’est pas là que je peux apporter quelque chose d’original, même si j’ai une formation de musicien.

Michel : Peux-tu parler de ton approche poétique ?

Pierre : Je me laisse surprendre par les mots. Il faut les attraper au bond  quand ils  surgissent, il faut les saisir même sur un bout de papier ou sur le téléphone car on a là le rythme. C’est souvent quelques mots qui donnent une expérience une sensation.

Michel : Et l’approche un peu surréaliste ?  “C’est clair que c’est sombre…”

Pierre : J’aime bien ce type d’association un peu absurde, des contraires ou des métaphores, en poésie c’est un peu la base :  décrochez la lune, il veut la lune celui-là. Et maintenant qu’on l’a décroché, elle est là par terre,  on en fait une chanson. 

Michel : La place dans ton répertoire du sentiment amoureux ?

Pierre : … et puis la mort et l’impuissance de l’homme face à ce qui l’entoure. Tout ce qui nous dépasse et qui ne s’explique pas avec la culture scientifique, le sentiment amoureux et le lien, la séparation aussi parfois.

 
 

Michel : Tu testais le côté participatif  avec le dernier chant  que le public a repris.

“Sans le noir que saurait-on de la lumière,
sans le silence que saurions nous de la musique
sans les autres que saurions nous de nous,
sans vous que saurais je de moi “

Pierre : Ce qui m’a plu, c’est que oui, les gens repris. Je ne savais pas si ça aller ” le faire” , et finalement , si. La nécessité d’avoir l’inverse des choses  pour les comprendre, cette dualité : absence/ présence pour comprendre l’importance de ce que l’on vit au présent. Actuellement il y a beaucoup de gens qui ont du mal avec la frustration, cependant elle a un rôle,  ne pas avoir ce quelque chose permet de mieux comprendre l’intérêt et le gain quand on l’a,  d’apprécier le fait de désirer. C’est un peu bouddhiste comme notion. Apprécier les choses telles qu’on les vit et prendre un peu de recul, ne pas se laisser dépasser par l’émotion.

 
Michel Thépaut