Louise Bouedo et Garance Boizot explorent le répertoire de la viole de gambe à travers l’art de la transcription. Le duo s’intéresse aujourd’hui aux Suites anglaises de Bach qu’elles réinventent pour deux violes, mettant en regard ces transcriptions avec des suites de compositeurs anglais du XVIIᵉ siècle.
Né de la rencontre entre Louise Bouedo et Garance Boizot au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon, l’Ensemble Belombre explore le répertoire de la viole de gambe à travers l’art de la transcription. Leur premier projet s’est consacré aux œuvres du claveciniste français Jacques Duphly, révélant de nouvelles couleurs pour cet instrument à la fin de son âge d’or. Poursuivant cette démarche, le duo s’intéresse aujourd’hui aux Suites anglaises de Johann Sebastian Bach, qu’elles réinventent pour deux violes. Ce programme met en regard ces transcriptions avec des suites de compositeurs anglais du XVIIᵉ siècle comme John Jenkins et Matthew Locke. À travers ce jeu de miroirs, Belombre fait entendre les échos et les rapprochements inattendus entre ces répertoires.
Suites anglaises !
Lorsque certains remarqueront les couleurs éclatantes des grands préludes aux accents
italiens ouvrant chacune de ces Suites, d’autres noterons la richesse et la délicatesse d’un
contrepoint à l’allemande. D’autres encore seront frappés par l’évidence de l’apport français
tant dans la finesse de l’ornementation que dans la structure même des suites composées d’une
allemande, d’une courante, d’une sarabande, de quelques galanteries puis d’une gigue finale.
Mais alors, où la nature anglaise de ces Suites se cache-t-elle ?
...Probablement dans leurs clés d’écritures ! En effet, initialement nommées Suites avec prélude par
J.S. Bach, elles ont été rebaptisées ultérieurement, en référence à une annotation présente sur la
copie de Johann Christian Bach et indiquant « Fait pour les Anglois ». Nous savons que quelques
années avant d’écrire ces Suites anglaises, J.S. Bach copie - outre des œuvres d’Antonio Vivaldi - six
suites pour le clavecin de Charles Dieupart. Des pièces que ce dernier avait composées à Londres.
Nous pouvons vraisemblablement supposer que cette indication « Fait pour les Anglois » renvoie aux
suites de Dieupart, et particulièrement à une technique de notation à l’anglaise (avec une clef de
sol et une clé de fa ; et non une clef d’ut et une clé de fa comme le font les allemands à cette
époque). Ainsi, ces Suites avec prélude sont devenues les Suites anglaises, n’ayant d’anglais...
presque que leur nom !
J . S . B A C H ,A V A N T 1 7 1 7À W E I M A R ...
À travers ce second programme, le duo Belombre s’amuse d’une lecture au pied
de la lettre de ces fameuses Suites anglaises de J.S Bach et construit un jeu de
miroir entre des transcriptions de certaines de ces Suites (initialement destinées au
clavecin) et d’autres suites anglaises (de compositeurs anglais (!) du 17ème siècle). Il
sera plus qu’aisé de jouer au jeu des sept différences. Néanmoins, à travers cette
proposition à deux basses de violes dans laquelle l’écriture de J.S. Bach dialoguera
avec celles de John Jenkins et de Matthew Locke, vous entendrez certainement de
subtiles similarités dans les jeux de contrepoint et d’ornementation.